Les 26 critères de discrimination : et si le lieu de résidence influençait vos recrutements ?
« Ce candidat habite trop loin. »
Cette phrase paraît anodine. Pourtant, elle peut suffire à rendre une décision de recrutement discriminatoire.
Dans de nombreuses entreprises, le lieu de résidence influence encore inconsciemment le tri des candidatures. Un recruteur peut craindre qu’un trajet trop long entraîne davantage de retards, d’absences ou de fatigue. Il peut alors être tenté d’écarter un candidat avant même de l’avoir rencontré.
Le problème est que cette décision repose sur une supposition, et non sur une évaluation réelle des compétences ou de la motivation de la personne.
C’est précisément pour cette raison que le lieu de résidence fait partie des critères de discrimination interdits par la loi.
Le lieu de résidence : un critère de discrimination souvent méconnu
Lorsqu’on évoque les discriminations, on pense généralement à l’origine, au sexe, à l’âge ou au handicap.
En revanche, peu de personnes savent que l’adresse d’un candidat bénéficie également d’une protection légale.
Pourtant, les conséquences peuvent être importantes. Une personne vivant dans un quartier défavorisé, en périphérie d’une grande ville ou dans une zone rurale peut voir ses opportunités professionnelles réduites simplement en raison de son adresse.
Afin de prévenir ces situations, la loi interdit aux employeurs de prendre une décision fondée sur le lieu de résidence d’un candidat ou d’un salarié.
L’objectif est simple : permettre à chacun d’être évalué sur ses compétences et non sur des éléments qui ne préjugent en rien de sa capacité à réussir dans son poste.
Les 26 critères de discrimination prévus par la loi
Le lieu de résidence n’est qu’un exemple parmi les nombreux critères protégés par le droit français.
La loi interdit toute différence de traitement fondée notamment sur :
- l’origine ;
- le sexe ;
- l’âge ;
- la grossesse ;
- l’état de santé ;
- le handicap ;
- l’apparence physique ;
- le patronyme ;
- la situation de famille ;
- les convictions religieuses ;
- les opinions politiques ;
- l’orientation sexuelle ;
- l’identité de genre ;
- les activités syndicales ;
- la situation économique ;
- la domiciliation bancaire ;
- les caractéristiques génétiques ;
- ou encore la capacité à s’exprimer dans une langue autre que le français.
Au total, 26 critères de discrimination sont aujourd’hui reconnus par la législation française.
Recruter sur les compétences plutôt que sur les suppositions
Revenons à notre candidat qui habite loin.
Sera-t-il réellement moins ponctuel ? Plus souvent absent ? Moins impliqué ?
Peut-être. Peut-être pas.
La seule façon de le savoir est d’évaluer sa candidature sur des éléments concrets : son expérience, ses compétences, sa capacité d’organisation, sa motivation et les exigences réelles du poste.
C’est tout l’enjeu de la lutte contre les discriminations : remplacer les suppositions par des faits.
Car derrière chacun des 26 critères protégés par la loi se trouve le même principe : une personne ne doit pas être jugée sur des caractéristiques personnelles sans lien direct avec sa capacité à exercer un emploi.
Comprendre ces critères est donc une première étape essentielle pour construire des processus de recrutement plus justes, plus objectifs et plus respectueux du droit.
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